Mathurin Oboukangongo est né en République du Congo, mais a vécu en peu plus de 20 ans au Canada, sa deuxième patrie, où il a suivi des études en mécanique automobile (carburation, injection), mécanique industrielle et en architecture du bâtiment.
Mathurin Oboukangongo est passionné par l'invention depuis sa plus tendre enfance. A l'âge de 9 ans, il ambitionne déjà de fabriquer un robot médical pour l'administration des médicaments aux personnes handicapées. A 19 ans, il commence à travailler sur ce rêve d'enfance en concevant toute la partie mécanique du robot. Cependant, il est contraint d'arrêter cette œuvre afin de consacrer plus de temps à ses études scientifiques et techniques.
Une de ses premières réalisations industrielles en République du Congo a été la fabrication d'un bateau, plus précisément d'un chalutier baptisé Alpha PN, long de 6 mètres et large d'environ 4 mètres. La coque du chalutier serait composée de bois (sapeli), de tôles, de plastic et de fibres de verre. Quatre (4) mois et demi de travail acharné ont permis à Mathurin Oboukangongo et son équipe de finaliser la construction de ce bateau made in Congo dont 80% des matériaux sont disponibles au Congo.
Quant aux matériaux ou produits importés, Mathurin Oboukangongo pense qu'ils peuvent être fabriqués ou produits sur place. C'est notamment le cas du moteur du chalutier (125 chevaux) de marque Mercury ou encore de tous les produits chimiques dont il a eu besoin pour fabriquer la fibre de verre de la coque.
Les principales étapes de la chaîne de fabrication d'un bateau ont semble-t-il été rapidement assimilées. Il a commencé par fabriquer la coque, puis la cabine, ensuite la motorisation et a terminé par le câblage électrique. Une équipe de 14 personnes s'est mobilisée pour matérialiser cette œuvre. La plupart des membres de cette équipe n'étaient pas qualifiés. C'est donc Mathurin Oboukangongo qui les a formés à presque tous les corps de métier (électricité, soudure, verrerie, etc.). Le coût de construction du chalutier s'élève à environ 35 000 € (23 millions de F CFA) entièrement financé par l'inventeur et de généreux donateurs, essentiellement canadiens.
Mathurin Oboukangongo et son équipe effectuent le premier voyage d'essai en mer le 20 septembre 2007 et multiplieront les essais afin de tester la stabilité du chalutier. Aujourd'hui, seule l'épave de ce petit chalutier est visible sur la Côte Mondaine à Pointe-Noire. C'est grâce à ce bateau que Mathurin Oboukangongo a pu dévoiler aux Congolais que des navires chinois pêchent du poisson à la dynamite aux larges des côtes congolaises ; poisson qui serait ensuite vendu sur les marchés congolais au détriment de la santé des consommateurs non-avertis.
En mars 2008, cet inventeur se lance un autre défi : celui de fabriquer un hélicoptère. C'est en étudiant pendant quelques mois des livres sur la maintenance d'hélicoptères militaires que Mathurin Oboukangongo commence à comprendre leur fonctionnement. L'hélicoptère en construction est un biplace achevé à 75-80%. L'Alpha 516 est construit avec de la résine de carbone obtenue grâce à des mélanges chimiques effectués par l'inventeur lui-même. A ce jour et niveau de réalisation, cet hélicoptère a déjà coûté environ 20 000 € (13,1 millions de F CFA) à son constructeur et donateurs. Les coûts de finition oscilleraient entre 15 250 € et 23 000 € (10 et 20 millions de F CFA). Le manque de soutien financier ralentit les travaux.
Cet hélicoptère pourra atterrir sur terre et sur mer, sera équipé d'un GPS, de caméras infrarouges et autres appareils capables d'enregistrer les récifs marins. Le moteur de 125 chevaux récupéré sur le chalutier est utilisé pour propulser les pales de cet engin. Plutôt que de carburer au kérosène, ce moteur de marque Mercury carbure à l'essence ! L'Agence Nationale de l'Aviation Civile (ANAC) devra dans tous les cas donner son accord pour que cet appareil vole sur le territoire congolais.
Mathurin Oboukangono est aussi connu pour avoir fabriqué un portail électrique télécommandé. C'est en janvier 2008 qu'il l'a présenté aux télévisions et radios de Pointe-Noire, capitale économique et à vocation industrielle du Congo. Ce portail permet à ses acquéreurs de ne plus sortir de leur voiture lorsqu'ils entrent/sortent de leur domicile.
Tout le mécanisme a été conçu par Mathurin Oboukangongo, à l'exception du moteur et des équipements de commande à distance qui ont été importés du Canada. Le portail n'est peut-être pas révolutionnaire; mais c'est la preuve que les Africains n'ont pas besoin d'importer ce type d'équipements qui pourraient être fabriqués industriellement sur le continent. Chaque portail est vendu 4 600 € (3 000 000 F CFA). A ce jour, trois (3) clients l'ont déjà acheté et installé. Le portail est en bois, mais peut aussi être fabriqué en métal.
Avant de rentrer au Congo, Mathurin Oboukangongo a conçu une mallette de sécurité avec détecteurs reliée à un téléphone fixe. Elle peut également être reliée à un téléphone mobile. Cette mallette est une sorte de gardien électronique qui, une fois paramétrée avec un code, signale l'intrusion frauduleuse d'un individu dans un domicile ; les détecteurs étant placés à différents endroits d'une maison, d'un immeuble, etc. La mallette contient en fait une carte mémoire téléphonique qui compose automatiquement le numéro du propriétaire pour lui signaler une intrusion, quelque soit le pays dans lequel il se trouve. Mais l'invention n'a pas encore été commercialisée.
Cette invention, Mathurin Oboukangongo l'a conçue avec son frère qui vit au Canada et conçoit des systèmes électroniques hautement sensibles. D'après Mathurin Oboukangongo, son frère serait encore plus ingénieux que lui. Il le décrit tout simplement comme un génie authentique en électronique.