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Il y a 24 ans mourait Cheikh Anta Diop

Par Emmanuel Kabongo Malu, Doctorant en Philosophie de l'Histoire ŕ l'Université catholique du Congo

Il y a 24 ans mourait Cheikh Anta Diop. Toute son oeuvre milite en faveur de l'unité de l'Afrique noire ; de cette unité, gage de l'indépendance vraie, Cheikh Anta Diop en pose la condition et le cadre : l'Etat fédéral d'Afrique noire ou plus exactement : les « Etats-Unis d'Afrique ». Par EMMANUEL KABONGO MALU Doctorant en Philosophie de l'Histoire à l'Université catholique du Congo ; président du « Centre Panafricain Cheikh Anta Diop pour la Renaissance de l'Afrique » 

CHEIKH ANTA DIOP :VIE ARDENTE ET PASSIONNÉE POUR L'AFRIQUE !

Cheikh Anta Diop est né au Sénégal le 29 décembre 1923 dans la région de Diourbel où se situe le village familial, Caytou, à environ 150 km à l'Est de Dakar.

Cette région est le Baol-Kayoor (Cayor) dont la langue est le Wolof. A l'âge de quatre ou cinq ans Cheikh Anta Diop est d'abord envoyé à l'école coranique à Koki : il passe ainsi les premières années de son enfance en milieu mouride.

En effet, dès sa naissance en 1923, Cheikh Anta Diop hérite d'une grande contestation, celle de son oncle Cheikh Amadou Bamba, le fondateur de l'islam Mouride ! Celui-ci a, en effet, édicté que Dieu étant partout, il n'est pas nécessaire d'aller le prier à la Mecque ! Il fonde l'Islam Mouride et la Ville sainte de Touba. Mouride, Cheikh Anta Diop ne portera ni un prénom chrétien ni un nom arabo-musulman. Quant à son grand père Massamba Sassoum Diop, il est grand résistant contre la colonisation française.

Cheikh Anta Diop effectue son école primaire à l'école française où il est inscrit à l'École Régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d'études primaires. La même année, il quitte Diourbel, vient habiter avec sa mère à Dakar dans le quartier de la Médina. Il entreprend alors ses études secondaires au Lycée Van Vollenhoven de Dakar. En classe de troisième, rencontrant des difficultés liées au comportement raciste de son professeur de français, Cheikh Anta Diop quitte Dakar et poursuit ses études à Saint-Louis où il décrochera l'équivalent du baccalauréat première partie.

Il revient de nouveau à Dakar au Lycée Van Vollenhoven en classe terminale correspondant au baccalauréat 2ème partie en Mathématiques (juin 1945), puis en philosophie (octobre 1945).

Cette période lycéenne voit naître ses premières idées d'un projet culturel pour l'Afrique. Celui-ci comporte, entre autres, les traductions en langue Wolof, sa langue maternelle, des textes philosophiques européens, la publication de toute la littérature épique et poétique sénégalaise, la rédaction de l'histoire du Sénégal, qu'il avait du reste déjà entreprise à partir d'enquêtes effectuées sur le terrain.

Pour écrire la langue wolof, il imagine aussi un système de transcription autonome devant pallier les insuffisances de l'alphabet latin. Il destine d'emblée son alphabet à toutes les langues africaines. On discerne dès cette époque chez le jeune Cheikh Anta Diop à la fois une curiosité intellectuelle insatiable, le souci de se doter d'une culture encyclopédique, et les prémisses d'une réflexion se situant à l'échelle continentale africaine, planétaire.

De cette prime enfance à la fin de l'école secondaire, Pathé Diagne écrit : « Une bonne part de la clef de l'oeuvre de Cheikh Anta Diop provient de son éducation mouride et des influences qu'il a subies à l'époque de son adolescence à Saint-Louis, capitale politique du Sénégal à l'époque, ville municipale de citoyens actifs ». C'est là qu'il sera intéressé à la littérature panafricaniste des années 1920 et 1930, aux thèmes de l'Egypte nègre, de l'indépendance, de l'unité continentale, de la culture et des langues africaines, que ses précurseurs développent dans la presse et littérature de cette époque. En 1943, quand il se mobilise contre Giraud et De Gaule, passe, après un baccalauréat mathématique, un baccalauréat de philosophie, il a déjà des idées très claires sur ses objectifs et les obstacles qu'il allait rencontrer. Son séjour parisien l'aide à préciser son dessein. Mais dès le début, il eut une vision globale de ce qu'il projeta de faire et, qui n'eut jamais été fait de manière systématique. Son oeuvre couvrira tout un espace. Elle ira de la physique à l'Egypte, de l'intégration économique à la renaissance culturelle, de l'unité politique du continent à la géopolitique et au futurisme. Il orienta tous ses efforts dans ces options. C'est ce qui explique la rapidité de son rythme de production et sa fécondité exceptionnelle entre 1947 et 1960 » (Pathé Diagne, Cheikh Anta Diop et « l'Afrique dans l'histoire du monde », Paris, 1997, p.9.)

Pour lire le dossier complet:

http://nerrati.net/afrique-dossier/index.php?option=com_content&view=article&id=394:il-y-a-24-ans-mourait-cheikh-anta-diop&catid=5:hommage&Itemid=39

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